Ce qui se passe dans votre cerveau pendant une séance de microcourant
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Un courant électrique de très faible intensité on parle ici de microampères, largement en dessous du seuil de perception douloureuse peut-il vraiment influencer la chimie du cerveau ? C'est la question que se sont posée plusieurs équipes de recherche depuis une cinquantaine d'années.
Le GABA, chef d'orchestre de l'apaisement
Le mécanisme le plus documenté concerne le GABA, le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau celui-là même que ciblent les benzodiazépines pour calmer l'anxiété. Une revue publiée dans Frontiers in Neuroscience explique comment le réseau de neurones GABAergiques de l'amygdale (la région cérébrale du "signal d'alarme") module directement les réponses anxieuses, normales comme pathologiques. Augmenter l'activité GABA dans cette zone est une des voies par lesquelles une stimulation électrique douce pourrait produire un effet apaisant.
Endorphines et sérotonine : une piste plus débattue
L'autre piste, plus ancienne et plus débattue, concerne les endorphines et la sérotonine. Une étude menée par le neurochirurgien C. Norman Shealy a mesuré, après une séance de 20 minutes de CES, une hausse de bêta-endorphine de 98 % dans le plasma sanguin et de 219 % dans le liquide céphalo-rachidien. C'est ce chiffre qu'on retrouve souvent cité dans la littérature sur le sujet.
Il faut toutefois le prendre avec la prudence qui s'impose : cette étude est ancienne, portait sur un petit échantillon, et des travaux plus récents n'ont pas systématiquement retrouvé ces mêmes variations biologiques. La science n'a donc pas encore totalement tranché sur l'ampleur exacte de cet effet mais la piste reste activement étudiée.
L'effet mesurable sur les ondes cérébrales
Plusieurs études EEG (électroencéphalogramme) montrent qu'une stimulation électrique légère peut modifier l'activité des ondes cérébrales en temps réel, en particulier en réduisant l'activité alpha associée à l'éveil et en favorisant les ondes theta, caractéristiques du sommeil léger et de la relaxation profonde.
Ce qu'on peut affirmer aujourd'hui
On ne parle pas d'un effet placebo pur. Il existe des mécanismes biologiques plausibles et partiellement documentés mais comme pour beaucoup de sujets en neurosciences, la prudence scientifique reste de mise sur l'ampleur exacte de chaque effet.
Sources :
- Anxiety disorders and GABA neurotransmission: a disturbance of modulation — PMC
- From the gut to the brain: GABA in the treatment of anxiety and insomnia — Frontiers in Neuroscience
- Effects of Cranial Electrical Stimulation on Brain — A Brief Review (données Shealy)
- The effect of TENS on sleep: A pilot study — PubMed
